Une foi active née dans les flammes

Rétrospective

Il y a des histoires que l'on ne devrait jamais oublier. Le début du christianisme à Yébou-Yébou fut un véritable chemin de croix.

Tout commence en 1984 quand je n'avais que 8 ans. Un village où chaque famille, depuis des générations, vivait selon les croyances de la religion traditionnelle, un héritage spirituel transmis comme un trésor, un lien invisible entre les ancêtres et les vivants. Un monde entier, avec ses rites, ses garde-fous, son identité propre.

Et puis, une flamme nouvelle apparaît. Elle ne fut pas accueillie avec des chants.

Pour beaucoup, l'Évangile ressemblait à une intrusion. À une trahison. Certains y voyaient la religion venue pour briser ce qui avait tenu le village debout depuis toujours. Et la réponse ne se fit pas attendre. Les symboles furent détruits. Les familles, divisées. Les premières communautés chrétiennes battues, méprisées, intimidées et rejetées.

Et notre lieu de culte... fut incendié. Pas une fois, mais au moins deux fois.

Imaginez ces premiers chrétiens, agenouillés devant les cendres encore chaudes de ce qu'ils avaient bâti. Imaginez un peu les traumatises des enfants comme moi parmi eux. Imaginez leur douleur : L'incompréhension de ceux qu'ils aimaient pourtant, et qui les rejetaient.

Ils auraient pu partir. Mais, ils restèrent.

Ils rebâtirent sur les décombres. Et reconstruire encore et encore. Pas par obstination, mais par conviction. Par amour. Parce que quelque chose au fond d'eux était plus fort que la peur, plus fort que la honte, plus fort que les flammes.

Cette foi têtue, cette foi debout dans la tempête, porta ses fruits.

Elle alluma dans les yeux des enfants une soif d'apprendre qui dépassa les frontières du village. Elle tissa entre des étrangers des liens de fraternité que rien n'avait pu créer avant elle. Elle déposa dans les cœurs des valeurs que le temps ne peut pas effacer : Aimer son prochain, pardonner, vivre dans l'honnêteté, se relever ensemble.

Ce que les pionniers avaient planté dans les larmes, nous en récoltons aujourd'hui les fruits.

Et maintenant, c'est à nous d'agir.

Ce projet de temple n'est pas une affaire de briques et de béton.

C'est la suite de cette histoire. C'est l'aboutissement de décennies de sacrifice, de fidélité, de persévérance, c'est l'expression d'une foi inébranlable en Jésus-Christ, notre Seigneur et Sauveur.

Dieu n'a besoin de rien. Il est le Créateur, l'Éternel, l'Infini. Ce n'est pas Lui qui a besoin de cette maison — c'est nous. C'est le village qui en a besoin. Un espace où ceux qui souffrent pourront venir déposer leur fardeau, où les enfants apprendront à espérer, où les familles se réconcilieront et où des générations entières trouveront force et direction.

Pense à ceux qui ont tout perdu dans les flammes et qui ont continué à croire.

Aujourd'hui, Dieu t'invite à en faire partie.

Non pas parce qu'Il t'y oblige — mais parce qu'Il te fait confiance. Parce que ta contribution, même modeste, a le pouvoir de dire à tous ceux qui viendront après toi : Quelqu'un a cru. Quelqu'un a donné. Quelqu'un a choisi de bâtir plutôt que d'ignorer.

Vas-tu répondre à Son appel ou le négliger ?